Je facture des logos à 59 € et des audits SEO en 20 contrôles à 79 € depuis deux ans, dans un bureau qui donne sur la Loire. À ce prix-là, impossible de se cacher derrière un discours d’agence : le client voit tout de suite si le travail est là. C’est exactement ce qui m’a poussé à lire cette ressource sur la gestion d’entreprise, et à revoir ma façon de compter.
Parce qu’une agence de communications, même minuscule, c’est une boîte comme une autre. On croit qu’on va dessiner des logos toute la journée. En vrai, on passe la moitié de son temps sur des devis, des relances et des tableurs.
Le forfait, ce piège confortable
Trois propositions de logo, 59 €. L’audit SEO, 79 €. Sur le papier, c’est simple. En pratique, cette grille tarifaire m’a coûté cher la première année.
Un client m’a demandé sept allers-retours sur un logo à 59 €. Sept. J’ai compté après coup : onze heures de travail, soit environ 5 € de l’heure. Je n’ai pas râlé, j’ai encaissé, et j’ai compris que le problème ne venait pas du client.
Un prix d’appel sans périmètre écrit, c’est une invitation à l’infini.
ActualitésLes opportunités d’emploi dans l’impression 3D en FranceDepuis, chaque devis à 59 € tient sur une page, avec un nombre de modifications précisé noir sur blanc. Deux séries d’allers-retours, pas trois. Le troisième coûte 25 €. Personne n’a jamais protesté. Certains m’ont même dit que c’était rassurant.

Ce que j’ai changé dans ma façon de compter
J’ai longtemps confondu chiffre d’affaires et bénéfice. Ça paraît bête écrit comme ça. Mais quand on encaisse 79 € par-ci, 59 € par-là, on additionne les entrées sans regarder ce qui sort : les outils, les prélèvements, les heures non facturées.
Le déclic est venu d’un article très concret sur les indicateurs qu’une petite structure doit suivre, même quand elle a trois salariés et un chien qui dort sous le bureau. Je ne parle pas de tableaux de bord à quinze courbes. Plutôt de trois chiffres qu’on regarde chaque vendredi, dix minutes, pas plus.
Le premier : le taux de devis acceptés. Le mien était de 40 % au début. Il est passé à 62 % quand j’ai arrêté de proposer systématiquement l’option la moins chère.
Le deuxième : le coût réel d’un audit. Je comptais le temps de rédaction, pas celui de la relecture ni celui de la réunion de restitution. Ajoutez quarante minutes par dossier. Sur trente audits dans l’année, ça fait vingt heures.
Le troisième : combien je me verse. Sur douze mois, la réponse m’a fait rire jaune.
Les outils gratuits ne remplacent pas une méthode
Sur le site de mon agence, je donne accès à des outils gratuits : vérificateur de balises, générateur de palettes, simulateur de contraste. Les gens les utilisent beaucoup. C’est bien, et ça ne suffit pas.
Un outil vous dit qu’il manque une balise H1 sur une page. Il ne vous dit pas quoi écrire dedans, ni pourquoi cette page existe. La méthode, elle, se travaille ailleurs : en lisant, en testant, en se plantant.
Je vois passer des audits concurrents à 400 € qui livrent trente pages de captures d’écran et zéro recommandation utilisable. Le client repart avec un PDF, pas avec un plan d’action. Mon audit à 79 € tient en six pages, dont une seule liste de priorités classées par effort et par impact. Les vingt contrôles, je les fais dans un ordre précis, toujours le même.
ActualitésQuels sont les avantages des imprimantes 3D professionnelles grand format ?Cette rigueur-là ne s’achète pas. Elle se construit en se trompant d’abord. J’ai livré des audits inutiles avant de comprendre ce qu’un dirigeant de TPE veut vraiment lire le lundi matin : trois choses à faire cette semaine, pas un cours de référencement.
Décortiquer les marques des autres, un exercice qui rapporte
Sur le blog de l’agence, je décortique des logos et des slogans. Le Carrefour et sa flèche cachée, le repositionnement de Renault, les variations du logo de Google un jour de fête nationale. Ce sont mes articles les plus lus, de loin.
Au début, je voyais ça comme un exercice de style. Puis j’ai remarqué autre chose : les clients qui arrivent par ces articles-là négocient moins. Ils ont lu trois analyses, ils savent comment je travaille, ils viennent avec une idée précise de ce qu’ils veulent.
Le temps passé à écrire gratuitement sur les marques des autres n’est pas du temps perdu. C’est le meilleur commercial que je connaisse, et il ne prend pas de commission.
Reste une question que je me pose encore : faut-il monter à 89 € pour l’audit, ou garder le prix rond qui fait venir les artisans d’Orléans et des environs ? J’ai repoussé la décision deux fois. Je crois que je connais déjà la réponse, et que je cherche juste à gagner quelques mois.


