Avec 62 pictogrammes sportifs, un emblème commun aux Jeux olympiques et paralympiques et une typographie dessinée sur mesure, Paris 2024 a construit un système visuel plutôt qu’un simple logo. Cette cohérence explique pourquoi son identité reste immédiatement reconnaissable, jusque sur un billet, une signalétique urbaine ou un terrain de compétition.
La charte graphique JO 2024 a gagné par cohérence, pas par consensus
La charte graphique JO 2024 repose sur une idée nette : représenter Paris sans aligner les clichés touristiques. Pas de tour Eiffel dans le logo. Pas de drapeau tricolore utilisé comme solution automatique. L’identité associe plutôt l’Art déco, Marianne, l’or des médailles et le mouvement sportif.
Le système accompagne deux événements organisés à Paris : les Jeux olympiques du 26 juillet au 11 août 2024, puis les Jeux paralympiques du 28 août au 8 septembre 2024. Il doit fonctionner sur des écrans, des affiches, des vêtements, des billets, des bâtiments temporaires et des sites sportifs. Cette diversité impose des règles plus solides qu’une simple planche de tendances.
Le parti pris le plus fort de Paris 2024 consiste à répéter quelques signes très identifiables, plutôt qu’à multiplier les symboles français.
Cette logique correspond à la définition d’une charte graphique opérationnelle : un document fixe les composants visuels, leurs usages, leurs proportions et leurs interdictions. Le résultat ne cherche pas l’unanimité. Il cherche la reconnaissance et la continuité.

1. Un emblème réunit la flamme, la médaille et Marianne
L’emblème de Paris 2024 est révélé le 21 octobre 2019 au Grand Rex, à Paris. Sa conception est confiée à l’agence Royalties & Ecobranding. Le dessin superpose trois lectures dans une forme compacte : une médaille d’or, une flamme blanche et le visage stylisé d’une femme.
La médaille rappelle directement la récompense sportive. La flamme relie l’événement à la tradition olympique. Le visage renvoie à Marianne, figure de la République française. Une mèche découpée dans l’aplat doré suffit à former la chevelure. La bouche apparaît sous la flamme, dans la partie inférieure du cercle.
Paris 2024 utilise le même emblème pour les Jeux olympiques et paralympiques, avec un changement de dénomination et d’anneaux. C’est la première fois que les deux compétitions adoptent un emblème commun. Cette décision donne une place visuelle égale aux deux événements et réduit la fragmentation de la marque.
- Forme principale : un disque doré, associé à la médaille.
- Forme négative : une flamme blanche placée au centre.
- Signe culturel : le profil frontal de Marianne.
- Signature : le nom « Paris 2024 » accompagné des anneaux olympiques ou des agitos paralympiques.
Le dessin appartient à Paris 2024 et aux titulaires concernés. L’analyser aide à comprendre sa construction, mais ne donne aucun droit de reproduction pour une entreprise, une association ou un événement.
2. Une palette courte installe une image premium sans perdre le contraste
Le socle chromatique associe le doré, le noir et le blanc. Le doré évoque la médaille, mais aussi les ornements parisiens et le vocabulaire décoratif des années 1920. Le noir stabilise les compositions. Le blanc ménage les respirations et crée la flamme à l’intérieur de l’emblème.
| Couleur | Code numérique | Fonction graphique |
|---|---|---|
| Doré Paris 2024 | #D7C378 | Emblème, accents et identification institutionnelle |
| Noir | #000000 | Texte, contraste, fonds et versions monochromes |
| Blanc | #FFFFFF | Réserve, lisibilité et construction de la flamme |
Le doré imprimé demande une vigilance particulière. Un code HEX décrit un affichage numérique, pas le comportement d’une encre sur du papier, du textile ou du métal. Les fichiers de production doivent donc conserver les références colorimétriques prévues pour chaque support. Une conversion improvisée en CMJN produit rapidement un beige terne ou un jaune trop chaud.
Identité visuelle5 règles pour choisir une typographie de logo distinctive, lisible et durableL’habillage des Jeux élargit ensuite la palette avec des teintes vives, notamment du rose, du violet, du bleu et du vert. Ces couleurs servent à distinguer des zones, à dynamiser les sites et à accompagner les illustrations. Elles ne remplacent pas le trio institutionnel. Cette hiérarchie évite de confondre l’emblème officiel avec les décors temporaires.
Pour une petite entreprise, la règle applicable tient en une phrase : une couleur principale porte la reconnaissance, deux couleurs neutres garantissent les usages quotidiens, les teintes secondaires organisent les contenus. Un exemple de charte graphique doit montrer cette hiérarchie sur des documents réels, pas seulement aligner des pastilles colorées.
3. La charte graphique JO 2024 transforme la typographie en mouvement
La typographie Paris 2024 a été dessinée sur mesure. Ses lettres reprennent un vocabulaire Art déco sans reproduire une police historique. Les formes géométriques, les courbes généreuses et les ruptures d’axe rappellent les affiches françaises des années 1920 et 1930. L’inclinaison donne une sensation d’élan, adaptée au sport.
La famille typographique est variable. Elle autorise plusieurs graisses et plusieurs degrés d’inclinaison, avec une amplitude allant de caractères droits à une inclinaison de 24 degrés. Cette souplesse permet de produire un titre très expressif, une indication courte ou une composition plus institutionnelle sans changer d’univers visuel.
Le mot-symbole « PARIS 2024 » utilise des capitales compactes et personnalisées. Le dessin reste lisible à proximité de l’emblème, mais la typographie expressive ne doit pas envahir les textes longs. Dans un système complet, une police d’identité attire l’œil tandis qu’une police de lecture prend en charge les paragraphes, les programmes et les informations pratiques.
Une règle typographique doit être mesurable
Écrire « utiliser la police avec élégance » ne guide personne. Une charte exploitable précise les graisses autorisées, les tailles minimales, l’interlignage, les alignements, les jeux de capitales et les solutions de remplacement. Elle indique aussi le traitement des chiffres, des dates, des accents et des versions étrangères.
Pour un projet international, la nomenclature doit rester stable entre les équipes. La page consacrée à la charte graphique en anglais permet notamment de distinguer les termes « brand guidelines », « visual identity » et « graphic charter ». Cette précision évite qu’un prestataire traduise une règle de mise en page comme une simple recommandation de marque.
4. Les pictogrammes deviennent des blasons sportifs
Paris 2024 présente ses 62 pictogrammes en février 2023. Ils couvrent les disciplines olympiques et paralympiques. Leur rôle dépasse l’orientation du public. Chaque pictogramme est conçu comme un blason que les athlètes et les communautés sportives peuvent reconnaître.
Le principe rompt avec la silhouette humaine simplifiée employée dans de nombreuses éditions depuis les pictogrammes des Jeux de Tokyo en 1964. Paris 2024 assemble plutôt trois composants : un axe de symétrie, une représentation du terrain ou de l’aire de pratique et un ou plusieurs objets caractéristiques du sport.
Une raquette, un ballon, une piste, une cible ou une arme devient ainsi un signe héraldique. Le dessin vise une logique de badge. Cette approche renforce la personnalité de l’ensemble, mais demande davantage d’attention au premier contact. Un spectateur identifie immédiatement un ballon de football. La lecture d’un blason plus abstrait réclame parfois le libellé placé à proximité.
| Élément | Donnée Paris 2024 | Effet recherché |
|---|---|---|
| Pictogrammes | 62 | Donner un emblème à chaque discipline |
| Construction | Axe, terrain, objet sportif | Créer une grammaire commune |
| Style | Symétrique et héraldique | Évoquer un blason |
| Usage | Signalétique, sites, supports numériques et produits | Relier l’information à l’identité |
La leçon vaut pour toute identité visuelle : un pictogramme ne doit pas seulement être beau à 200 pixels. Testez-le à 16 pixels, en noir et blanc, sur un fond chargé et dans un parcours où le lecteur avance rapidement. Si le signe perd son sens, ajoutez un libellé plutôt que de défendre une ambiguïté graphique.
5. La charte graphique JO 2024 accepte la polémique sans perdre son système
Dès sa présentation en 2019, l’emblème déclenche des comparaisons avec une coiffure féminine, un salon de coiffure ou l’icône d’une application de rencontres. La présence de lèvres et d’une mèche crée cette lecture. La polémique ne vient donc pas d’un détail caché : elle naît précisément des signes qui construisent Marianne.
Identité visuelle7 identités visuelles réussies à décortiquer avant de créer la vôtreCette réception révèle une règle de conception souvent oubliée. Un logo figuratif sera interprété avec les références visuelles du public. L’équipe de création doit anticiper ces rapprochements, puis décider lesquels restent acceptables. Supprimer toute ambiguïté aurait ici effacé le visage féminin et réduit l’emblème à une flamme contenue dans une médaille.
La charte a surtout réussi quatre opérations concrètes :
- réunir les identités olympique et paralympique sous un même emblème ;
- installer un imaginaire français sans résumer Paris à ses monuments ;
- déployer une grammaire cohérente entre typographie, couleurs et pictogrammes ;
- rester identifiable sur des supports de dimensions et de matières très différentes.
Un logo discuté reste exploitable lorsqu’il est lisible, attribuable et soutenu par des règles constantes. Un logo consensuel sans système devient vite interchangeable.
Ce qu’une entreprise doit retenir de la charte graphique JO 2024
Avant de valider votre identité, préparez une matrice d’usages. Placez le logo sur une facture, une photo de profil, une enseigne, un véhicule, une présentation et un document imprimé en noir et blanc. Fixez une taille minimale. Définissez une zone de protection. Livrez les versions RVB, CMJN, monochromes et inversées avec des noms de fichiers compréhensibles.
Consignez ensuite les décisions dans un dossier de charte graphique complet. La stagiaire de l’année suivante doit retrouver sans appel ni interprétation le bon logo, le code #D7C378 pour l’écran, la police destinée aux titres, le modèle de présentation et la version autorisée sur fond sombre. Une identité tient dans la durée lorsque chaque règle répond à un usage précis.




